Etoile des neiges, Pays merveilleux !!

‘ai penUne réalisation qui a quelques liens de parenté avec une chanson pourrie, vous connaissez ? Hormis le côté immaculé et indéniablement douillet qui illumine le sweat comme la chanson, ils partagent aussi une certaine capacité à rester sur mon dos (dans ma tête). Les deux sont liés à une certaine idée que je me fais du sport du dimanche et surtout, surtout, les deux génèrent immanquablement chez moi un large sourire de plaisir !

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Coïncidence

On ne contrôle pas tout, pour ne pas dire qu’on ne contrôle rien, en fait. Par contre quand deux incidences se baladent à proximité l’une de l’autre, on peut les faire flirter et alors, poussées par l’envie de faire vivre autre chose, elles engendrent… une étoile des neiges !

Incidence 1 : le tissu. J’ai subtilement (ou pas) contourné mes règles d’achat de tissu pour acquérir ce petit là. Il m’a de-suite tapé dans l’œil. Mais en lui tournant et retournant autour dans le magasin, je ne lui voyais pas d’application pour un projet concret immédiatement. Par contre il serait très adapté à une petite commande extérieure, bonne excuse. Ce petit projet demandait maximum 50 cm de molleton, et curieusement je suis sortie du magasin avec 2 mètres. Bref, je le fais rentrer clandestinement dans mon stock, en le faisant passer par mon bac à chutes, et hop le tour est joué ! Hou là là, la vilaine stratégie !

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Incidence 2 : le cool col trop confort. Pour Noël j’ai offert des supers sweats (du commerce) avec de grands cols croisés super confortables. C’est l’histoire de la fille qui fait du shopping pour les autres alors qu’elle n’en fait plus pour elle depuis 3 ans ! Et si les destinataires des sweats ont été satisfaits de la coupe et du confort, ils ont très clairement exprimé leur tristesse de ne pas recevoir du made by « Bungalow ». Oui, bon, ben je ne peux pas tout faire, hein !!! Mine de rien, je regarde comment c’est fait et bien sûr un pop-up apparaît directement dans mon cerveau « en fait, ça je peux le faire ». Et voilà, incidence 2 lâchée dans la sauvage nature.

Finalement, on peut réduire mon apport créatif à une entrée clandestine de tissu dans le stock et à un pop-up, deux incidences qui passaient par là. Et voilà la coïncidence, pour ne pas dire la coït-incidence qui mena à l’engendrement de l’étoile des neiges

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C’est la configuration du col que je préfère: relevé!

Toi plus moi, plus tous ceux qui le veulent…

(Festival de chansons gluantes aujourd’hui !)

Parce-que oui, une idée, plus une idée, ça peut faire une réalisation. Mais dans ma lessiveuse mentale, il y a toujours des peurs et des envies qui trainent par-ci, par-là et qui tentent de s’incruster (pas de Calgon dans ma vie). Le petit couple de base (molleton immaculé + col douillet) a du composer avec deux incrustes.

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Le dessin en courbe des manches raglan. Je suis contente de mon coup!

Incruste 1 : la peur de la da-dame (et les manches raglan). Je ne m’explique pas totalement d’où vient cette peur (mais est-ce vraiment important d’expliquer ça ?). Le fait est que j’ai longuement hésité sur ce projet par peur d’un rendu trop formel, 100% en blanc éclatant, torsadé, ça a un coté qui ne me ressemble pas vraiment. Et c’est là que « manche raglan » a enfin pu s’exprimer. Sous le poids des tonnes de manches classiques à la Courcelles et des quantités de manches plates à la Hemlock Tee, Manche Raglan était en dépression totale, quasi asphyxié. Son coté sportswear l’a finalement propulsé de façon assez inattendue au-devant de la scène pour conte-carrer la peur de l’effet da-dame. Maintenant  « Manche Raglan », il a plus qu’à assurer !

Incruste 2 : Color-bloc/gris-clair-blanc. Par hasard, ce ne serait pas le thème du dernier Hemlock Tee ? En plein dans le mille. Je n’étais pas complètement satisfaite, curieux hein (!), pas parfaitement rassasiée par le concept. En plus ce concept permet facilement d’atténuer la violence du blanc immaculé, tout en le mettant en valeur. Bref une super affaire. Le concept gris-clair-blanc a donc profité du molleton « immaculément torsadé » et de la « peur de la da-dame » pour faire un tour de piste supplémentaire et se lancer dans la danse.

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Douceur, chaleur!!! (en vrai il n’y a pas de pli dans le haut de cette manche raglan, mais que voulez vous, c’est la vrai vie qui bouge et qui plisse!)

Haaaa le petit vin blanc, qu’on boit sous les tonnelles !!

(rien à voir, mais j’en avais envie)

Les envies, les peurs et les incrustes ayant tous trouvé une place sur la piste, ma petite farandole est fin prête pour le spectacle en trois actes : choix des tissus, patronage et réalisation.

Acte 1 : Le molleton blanc était sans contexte le centre de toutes les attentions : premier rôle. Une chute de molleton gris clair s’est portée volontaire pour sacrifier ses derniers centimètres et jouer le second rôle. Le plus beau c’est que, en toute mauvaise fois, c’est un projet « à bas les chutes » qui laisse encore derrière lui une belle chute de molleton blanc mais plus une seule trace de molleton gris (la mauvaise foi, ça se cultive, j’y travaille).

Acte 2 : Patronage. Je me suis attelée au cas de Manche Raglan en utilisant la méthode ESMOD. Du papier, du scotch, des ciseaux et un crayon ; et quelques manipulations plus loin… j’étais de retour à l’école gardienne ! Coupe, colle, trace, colorie, relie, recolle,… Et parce que mon esprit rationnel d’hêtre organisé-anticipateur à des limites, je me suis arrêtée là : je n’ai pas patronné le col. Idée pas claire ? C’est pas grave, je fonce ; sinon je serais encore en train de tergiverser sur comment le monter, et avec quel tissu.

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Les torssades du col et de la bande sweat ont été coupées pour avoir des êtres horizontales contrairement aux torsades verticales du corps!

 

Acte 3 : Réalisation. Je n’ai pas fait de toile (à quoi ça sert, une toile ?) et j’ai tout misé sur l’élasticité. Et heureusement qu’il est bien élastique le tissu, parce que les manches ne sont clairement pas trop larges (ben ça sert à ça, une toile…). Après avoir assemblé le corps et les manches, lors de l’essai préliminaire (et de la prise de conscience de l’aisance limite au niveau des manches), j’ai tellement aimé l’association des tissus et des formes que j’ai pensé ne pas ajouter de col par peur de tout gâcher. Après des tours et détours, mise en œuvre de mon élasticité mentale, je me suis finalement motivée et décidée pour un col bicolor in/out. Il restait pilepoil la quantité nécessaire de molleton gris pour faire la doublure intérieure du col.

La surjeteuse est passée à travers les épaisseurs colossales de douceur molletonnée, comme un couteau dans du beurre, ou plutôt comme une petite cuillère dans un tiramisu super onctueux. Miam !

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J’ai pensé à centrer les torsades sur le dos. Mais par contre j’ai eu un trou au moment de couper les pièces du col….. hum hum

 

En r’tard, en r’tard, j’ai un rendez-vous quelque-part…

Lorsque j’ai réalisé cette étoile sans toile, des neiges, cette farandole, cette pièce de théâtre que dis-je ce cap, un sujet fort intéressant se discutait sur le forum de T&N : la productivité en couture. Et ça a éveillé ma curiosité. Combien de temps est ce que ça me prend pour réaliser un vêtement ? La couture m’amène dans un espace hors du temps. Souvent, en pleine séance couture, je perds simplement toute notion du temps qui passe. Pas évident dès lors d’évaluer ce temps alors qu’il profite de la couture pour se faire la malle. L’équation [dl²=c².dt²-2G.m.dt²/Ω.r-dr²/[1-(2G.m/c².Ω.r)]-r².(dθ/Ω)²-r².sin²θ.(dΦ/Ω)²] est fausse et Schwarzschild (copain d’Einstein) s’est donc trompé. La démonstration par l’exemple : j’ai sorti ma montre et j’ai ramené la couture dans un cadre temporel mesuré.

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Cette évaluation est relative à une pièce toute jolie mais simple, elle ne comprend ni le patronage ni les réflexions multiples et variées. Nous sommes essentiellement dans l’acte III, la réalisation :

  • 10 minutes         Découpe principale
  • 5 minutes           Enfilage surjeteuse
  • 15 minutes         Couture principale (pas le col)
  • 5 minutes           Essayage
  • 15 minutes         Choix et découpage pièce du col et bandes de finitions
  • 10 minutes         Assemblage des bandes sweat à la taille et aux poignets
  • 10 minutes         Hésitations : je le mets ou pas ce col ? Aaaargh, j’ai un peu peur (c’est con non ?)
  • 5 minutes           Pose du col
  • 5 minutes           Essayage et danse de la joie
  • 5 minutes           Découdre et recoudre avec l’étiquette (oups l’oubli)
  • 10 minutes         Rangement (parfois…)
  • 5 minutes           Surpiqure (le lendemain) pour fixer la marge de couture de l’encolure.

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En un peu plus de 2h30 au total, ce compris une danse de la joie, des doutes et des interrogations, un plan de bataille pour le montage du col, et in fine j’avais un sweat adoré. C’est super rapide, mais pas exhaustif ! Il faudrait ajouter le patronage (1h ?), le shopping tissu (nan, mais ce sont des chutes… héhéhé), le prélavage des tissus, le squat cérébral pour les évaluations de projets (oui, mais c’est quand je ne pense à rien d’autre) etc, etc. Et je ne vous parle même pas du temps pour le blog (photos, article, etc).

Des petits trous, des petits trous, toujours des petits trous

Au rang des chipots d’importance capitale, il y a bien évidemment les manches. Je ne m’explique pas où et quand je me suis mangée dans le patronage, mais mes biceps auraient sans hésitation apprécié quelques centimètres d’aisance supplémentaires. C’est pas tellement flagrant et ça n’entrave en rien mes mouvements (vive le molleton). Mais bon, si je couds mes vêtements moi-même, c’est quand même pour les avoir à ma taille.

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Les chipots suivants se disputent la place d’honneur du plus insignifiant de l’histoire, néanmoins ils méritent d’être cités.

Chipot 1 : le surjet de montage du col (au niveau de la base du cou) se voyait légèrement lors de certains mouvements. La faute à un surjet fait au fil blanc sur la doublure du col en molleton gris clair. Pour masquer légèrement, j’ai fait une surpiqure qui maintient le surjet à plat sur le corps. Ladite surpiqure se voit forcément aussi sur l’endroit, un peu dommage mais pas rédhibitoire.

Chipot 2 : le col est fait en deux parties (histoire de maximiser la chute restante de molleton blanc) et j’ai laaaaargement oublié de faire les raccords du motif tressé. En vrai, personne ne le voit et en plus ça se trouve dans mon dos (ou alors tout le monde le voit mais personne ne dit rien…). C’est quand même ballot !

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Configuration du col plus “rangé-organisé”. C’est moins mon truc, mais ça le fait!

Mon manège à moi c’est toiiiii

Ce sweat me fait tourner la tête. J’ai même envisagé de le mettre pour une grosse réunion boulot tellement je m’y sens bien et confiante. Il est douillet et pétillant. Il a juste ce qu’il faut de féminin et tout ce que j’aime de décontracté et de versatile. Je suis super contente du dessin arrondi des manches raglan sur la découpe devant. Et aucun chipotage ne nous séparera, moi et mon étoile des neiges !!

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10 thoughts on “Etoile des neiges, Pays merveilleux !!

  1. Elle m’a dit d’aller siffler là haut sur la colline, de l’attendre avec un petit bouquet d’églantine …
    Non, mais comme je vais chanter “Etoile des neiges, padam padam” pendant les 3 prochaines semaines, je me disais qu’une petite chanson scie pour te remercier ne serait pas de trop ! Zaï zaï zaï zaï.
    Sinon, il est magnifique ce sweat immaculé ! & non la torsade ne fait pas da-dame !
    & les manches raglans en courbe, quel beau rendu !
    & surtout il a l’air DOUILLET !
    Bravo !

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    1. Ton Zaï Zaï zaï ne peut rien contre moi… J’ai “le petit vin blanc” dans la tête depuis 4 semaines…. Sans rire!!! Bon c’est mieux que le petit bonhomme en mousse!! ;-))))

      De fait ce pull est super ultra douillet. C’est un plaisir à porter, tellement que j’ai même (presque) envie de rester en hiver rien que pour le mettre!!! (presque) 😉

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  2. Ok ! Il est trop beau !!!
    Je pense que c’est ton influence qui avait fait rentrer ma lubie des manches raglans dans mon esprit (j’ai relu ton article sur la blouse stockolm) Et là tu ne fait qu’aggraver les choses ! Donc c’est le prochain projet auquel je m’attaque 🙂 (et color block aussi parce que j’ai envie (et que j’ai ce qu’il faut dans mon stock !!! je te suis dans tes réflexions vis à vis de l’achat de tissus (on peut se soutenir si tu veux 😉 comme ça on se raisonnera et on culpabilisera moins 😉 ))).
    Et donc (par ta faute) j’ajouterais bien un col sur mon futur T-shirt sweat à manches raglans. Donc si par hasard t’as quelques précisions.. je suis preneuse 🙂

    à bientôt et bonne couture !

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    1. Haha, j’ai dejà bien à faire pour essayer de me raisonner moi avec les achats de tissus (non mais la tentative pathétique de faire rentrer du tissu par le bac de chuttes….), Mais c’est vrai que c’est toujours interressant de voir comment on s’y prends chacune!
      Pour le col pas de difficulté. Il est doublé. Je l’ai cousu endroit sur endroit et j’ai ensuite rabattu la partie blanche pour faire un double rentré sur la partie grise (la patrie blanche était coupée avec 4 cm de marge sur la partie supérieure du col). Si tu veux, tu peux aussi ajouter un lien (effet encoe plus sportwear) étant doné que le double rentré crée une coulisse, faut juste penser à faire les trous avant (oeillets, boutonnières?). Quand au patronnage, j’ai pris une longeure suffisante pour que le croisement coincide avec les manches raglan (ça dépend de ton modèle de base). Je voulais garder les torssades full horizontale, donc j’ai coupé le col tour droit. Mais si tu n’as pas ce problème de motif, le mieux c’est de dessiner le col légèrement arrondi. Bon c’est un peu en vrac, et comme d’hab, c’est pas très clair ce genre d’explication… Si tu as des questions précise n’hésites pas à demander!! Bonne couture

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  3. Il es très beau ce sweat et, comme d’habitude, j’adore la petite histoire qui l’accompagne.
    Ca rend vraiment très bien cette association blanc / gris clair, tu as bien fait de renouveler l’expérience.

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    1. Merci Nabel!! C’est vrai que l’association est chouette et cerise sur le gateau, c’est vraiment simple à assortir avec d’autres pièces, et surtout avec les écharpes et le foulards multicolores!

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  4. Merci Cyclaf pour le zai zai zai, c’est à peine mieux qu’étoile des neiges!
    Mais où trouve-t-on d’aussi beaux tissus? Ce molleton est superbe, et tu en as merveilleusement tiré parti. Le contraste des manches raglans est particulièrement réussi.

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    1. Merci beaucoup Anne-Françoise!!! Je vais un jour faire un articles sur mes fournisseurs de tissus (de chuttes…) Mais ça va vous donner envie de prendre l’avion pour vos prochaines vacances!!!! 😉

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  5. Les règles d’achat des tissus trouvent toujours des dérogations !
    Bravo pour le patronage du raglan ! Ca fait longtemps que je cherche un modèle raglan, mais là ça me donne plus envie de le patronner depuis mon modèle de base !
    Je le trouve carrément portable au boulot !
    Je vote pour l’article sur tes fournisseurs, mais je vais commencer à douter de la rentabilité commande sur internet ou vols répétés en avion pour visiter de chouettes magasins 😀
    T’as bien fait de faire rentrer ce magnifique tissu par la petite porte du bac à chutes, mais soyons honnêtes, c’est une graaande chute ! Chez moi ils n’aurait pas eu sa place dans le bac à chutes ! 😉

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    1. Aaaargh mes startégie toutes pourries sont effectivement douteuses, mais que voulez-vous Lucette, on est jamais mieux servie s que part soi-même, et ça vaut aussi pour la mauvaise fois!!! 😉 Le shopping tissu par ici, il faut combiner ça avec des vacances au soleil!!!!

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